VIE au Japon : faire un Volontariat International en Entreprise

150 150 Michaël da Silva Paternoster

Le volontariat international en entreprise, abrégé en VIE, peut vous permettre de travailler dans une entreprise française à l’autre bout du monde, comme au Japon par exemple.

Dans cet article nous allons vous expliquer ce qu’est le volontariat international en entreprise. Puis nous nous pencherons sur comment obtenir un VIE au Japon, en mettant bien en évidence tous les obstacles qui peuvent se dresser entre vous et cette mission à l’étranger dont vous rêvez. Puis pour finir, nous parlerons de quelques alternatives que vous pourrez envisager après vous être aperçu que c’est vraiment trop compliqué de se faire embaucher en volontariat international.

Qu’est ce que le Volontariat International en Entreprise ?

Le volontariat international en entreprise permet à des jeunes de partir travailler à l’étranger dans des entreprises françaises. Ce type de contrat est vraiment particulier, puisqu’il est tripartite. Il y a vous et l’entreprise, mais entre les deux se trouve Business France. C’est cet organisme public qui est légalement votre employeur.

Une autre spécificité du contrat de volontariat international est qu’il ne peut durer que de 6 à 24 mois. En contrepartie, il est totalement exonéré d’impôt. Cela fait vraiment plaisir, d’autant plus que les indemnités perçues par le volontaire sont plutôt généreuses (sauf dans les pays d’Europe où ça ne vaut vraiment pas le coup).

Les volontaires internationaux finissent souvent par être embauchés en interne dans l’entreprise pour laquelle ils ont travaillé. C’est donc une superbe opportunité de débuter une carrière à l’international.

Qui peut devenir volontaire international ?

Le volontariat international en entreprise est ouvert aux personnes remplissants toutes ses conditions :

  • Être ressortissant de l’Union Européenne. J’espère que des Britanniques lisent cet article pour qu’ils aient bien les boules !
  • Être âgé de 18 à 28 ans. Vous pouvez débutez votre mission le dernier jour de vos 28 ans, après vous êtes officiellement un gros « ieuv ».
  • Ne pas avoir de casier judiciaire.
  • Être en règle avec le service national (pour les ressortissants français). C’est à dire, avoir bien passé une journée à mater des DVD avec des mecs embauchés par le Ministère de la Défense. Ils appellent ça « Journée défense et citoyenneté » ou « Journée d’appel à la défense » dans le jargon.
  • Ne pas avoir déjà effectué un volontariat international en entreprise ou un volontariat international en administration.

Comment obtenir un VIE au Japon ?

Vous répondez à tous les prérequis exposés dans la partie précédente. Vous vous voyez déjà travailler dans une entreprise française à l’autre bout du monde ? Théoriquement c’est totalement faisable. Cependant, la réalité est bien loin de la théorie, surtout quand il s’agit du Japon. Voici quelques unes des raisons qui vont vous mettre à mal tous vos plans.

l’Accession au volontariat international, un univers ultra-concurrentiel

Il y a encore une dizaine d’année, pratiquement personne ne connaissait vraiment les volontariats internationaux. Il suffisait souvent d’avoir un bon diplôme et l’envie de partir dans des contrées lointaines pour espérer avoir un VIE.

Aujourd’hui ce n’est plus le cas. La plupart des jeunes diplômés à la recherche d’expérience professionnelle à l’étranger connaissent le volontariat international. Cela va même au delà de ça, puisque c’est souvent l’option que ce type de profil privilégie. Naturellement, vous ne serez pas le seul à frapper à la porte des entreprises françaises basées à l’étranger.

Jusqu’à présent je parlais surtout du VIE au sens large. Mais le cas du Japon est bien pire que cela ! Effectivement, il y a encore des endroits où les jeunes diplômés et les jeunes actifs ont relativement plus de chance de décrocher un VIE : pays en guerre dans le Moyen-Orient, l’Afrique subsaharienne et l’Asie centrale… A contrario, certains pays sont la cible de tous : l’Amérique du Nord ou les pays de la zone Asie-Pacifique.

Pour tout vous dire, le Japon occupe une place bien particulière au sein de cette zone déjà très prisée. C’est avant tout un problème générationnel. Supposons que vous soyez encore en âge de prétendre à un VIE, la plupart des jeunes actifs ont donc grandi dans les mêmes conditions que vous. Ils ont les mêmes passions pour les mangas, les jeux vidéos ou les animés de votre enfance.

Et oui ! Vous êtes loin d’être original… Et vous allez devoir « affronter » cette horde de gens comme vous, qui n’aspirent qu’à la même chose que vous : vivre dans le pays de leurs rêves, le Japon. C’est vraiment pas de chance. Enfant, vous auriez dû regarder des séries ouzbèkes ou lire de la poésie éthiopienne, cela vous aurez facilité la vie !

La plateforme Civiweb n’est qu’une supercherie

Civiweb est la plateforme qui regroupe toutes les offres de volontariat international. Sur le papier c’est un site web génial, puisqu’il centralise toutes les informations qu’il vous faut pour trouver votre VIE au Japon. Dans les faits, l’utilité de ce site web est proche du néant.

Pourquoi ? Parce que les grandes entreprises ne jouent pas le jeu. La plupart des multinationales françaises publient leurs offres de VIE directement sur leurs sites web de recrutement, lorsque ce n’est pas que sur l’Intranet de l’entreprise. Vous avez donc beaucoup plus de chance de décrocher un volontariat international lorsque vous êtes salarié ou stagiaire d’une entreprise française basée au Japon.

Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez toujours faire un listing des sites web de recrutement de ces entreprises, pour les éplucher quotidiennement. Je dis bien « quotidiennement » car la concurrence est si rude que chaque heure compte. La plupart des offres de volontariats internationaux ne restent en ligne que quelques jours car l’offre de petites mains est si forte que les ressources humaines ont toujours beaucoup trop de candidatures à traiter.

Heureusement pour vous, j’ai un petit lien qui va vous permettre de gagner des heures de recherche. Mais cette astuce est réservée aux membres de la newsletter de Nipponrama. Vous pouvez vous inscrire gratuitement dès maintenant. Le contenu s’affichera directement après votre inscription.

La Chambre de Commerce et d’Industrie française basée au Japon met à jour tous les ans un annuaire des entreprises françaises qui ont une activité au Japon. Il vous faudra contacter Business France pour pouvoir l’acquérir.

Les PME sont dans la place…

Pour nuancer la partie précédente, les petites et moyennes entreprises respectent beaucoup plus la procédure. En effet, les plus petites structures utilisent souvent des spécialistes du recrutement au sein de Business France (l’organisme qui gère Civiweb) pour gérer et traiter les candidatures. Tout le processus de recrutement se fait donc via Civiweb.

Si c’est le cas pour une offre à laquelle vous avez postulé, vous ne ferez pas votre premier entretien avec un membre de l’entreprise, mais bien avec quelqu’un qui travaille pour Business France. Le processus de recrutement n’est donc pas beaucoup plus simple que dans les grandes entreprises, car vous aurez aussi à passer plusieurs entretiens. Mais au moins maintenant vous savez que vous avez moins de chances de postuler à des offres de VIE qui ont déjà été attribuées depuis des semaines mais qui sont juste publiées sur Civiweb pour des raisons légales.

Là, vous vous dites : « Génial, je sais où orienter mes recherches ! »

On se calme tout de suite !

… Mais veulent des volontaires bilingues

Le problème avec les PME c’est qu’elles ont souvent besoin de personnel pour développer leur business au Japon (à partir de rien ou pas grand chose). Ce qui signifie qu’elles recherchent des gens polyvalents. C’est vraiment bien car cela promet des missions vraiment intéressantes avec beaucoup de responsabilités. Mais c’est très handicapant si vous n’êtes pas capable de parler Japonais à un niveau professionnel.

Dans la plupart des cas, ces volontaires vont devoir faire affaire avec des interlocuteurs qui ne parlent que le Japonais : des partenaires, des clients… C’est pourquoi des compétences élevées en Japonais sont presque toujours requises pour pouvoir espérer travailler pour une PME française au Japon. Si vous n’êtes pas capable de parler en Japonais à un niveau professionnel, sachez qu’au moins un autre mec fraîchement diplômé, qui regardait aussi le Club Dorothée quand il était petit, a dû postuler à la même offre. Et là tous vos espoirs s’envolent.

Seulement une poignée de secteurs recrute des VIE

Quatre secteurs recherches des VIE au Japon :

  • La chimie;
  • l’Aérospatial;
  • l’Informatique;
  • Le secteur financier.

Si votre domaine n’est pas listé ci-dessus, sachez que vous avez encore moins de chance de trouver un volontariat international au Japon. Et bim… Dans les dents !

Les alternatives au VIE

J’ai détruit vos rêves dans la partie précédente, maintenant je vais essayer de vous proposer des alternatives au volontariat international. Parce que devant tant de difficultés, il faut parfois savoir changer ses plans.

Un visa touriste : trois mois pour tâter le marché du travail japonais

Le visa touriste est un bon moyen de commencer à chercher un job au Japon. Il est valide pendant trois mois, ce qui est largement suffisant pour voir si votre profil intéresse des entreprises locales.

Malheureusement, son gros inconvénient est qu’il vous faudra le convertir en visa de travail pour pouvoir espérer rester plus de trois mois sur l’archipel japonais.

Un visa vacances-travail : pour les plus têtus

Le PVT, ou visa vacances-travail est un autre bon moyen de chercher le travail de vos rêves au Japon. Il est valide pendant un an et a l’avantage de vous permettre de travailler dans à peu près tous les secteurs d’activité. En effet, vous n’aurez pas besoin de convertir votre statut en visa de travail. Vous pouvez très bien travailler quelques mois pour une entreprise, puis faire cette conversion.

Vous pouvez en savoir plus sur ce visa en lisant notre section dédiée au PVT au Japon.


Photo par IQRemix sous licence Creative Commons.

Michaël da Silva Paternoster

Français vivant au Japon depuis 2016. Je travaille en tant que manager et consultant en marketing pour plusieurs entreprises japonaises et étrangères.

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