Uber au Japon : Y a-t-il des VTC à Tokyo ?

Uber au Japon : Y a-t-il des VTC à Tokyo ?

Uber au Japon : Y a-t-il des VTC à Tokyo ? 1140 585 Michaël da Silva Paternoster

l’Application Uber est disponible à Tokyo, mais étrangement personne n’utilise vraiment le service de VTC au Japon. Nous allons vous expliquer pourquoi dans cet article.

Je pense que si vous lisez ces lignes c’est que vous connaissez déjà Uber, cette application qui permet de réserver des voitures avec chauffeur depuis son smartphone. Ce service a secoué de nombreux pays dans le monde, car il bouleverse le marché du transport particulier de personnes. Il mettrait notamment « en péril » le métier de taxi.

Cette application est disponible au Japon, mais bizarrement les taxis japonais sont relaxes… Je suis même sûr que certains d’entre eux ne savent même pas ce qu’est Uber. Voyons ensemble pourquoi le Japon fait une nouvelle fois figure d’exception dans un monde mis à feu et à sang par des taxis peu aimables.

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Dans quelles villes Japonaises peut-on prendre un Uber ?

Les services de VTC d’Uber ne sont pour le moment disponibles que dans deux villes du Japon : Tokyo bien évidemment et… Kyotango. Quoi ? Vous ne connaissez pas Kyotango ? Cette petite ville côtière de 60 000 habitants dans la préfecture de Kyoto. Ne me demandez pas pourquoi la société américaine a décidé d’investir cet endroit. Je n’en ai aucune idée !

Vous n’aurez donc pas la possibilité d’utiliser l’application Uber dans de grandes villes comme Osaka, Kyoto ou Nagoya. Et si vous voulez mon avis, la société américaine ne s’implantera jamais dans ces villes, vu les résultats médiocres qu’elle enregistre à Tokyo.

Le modèle d’Uber n’a aucun intérêt à Tokyo

Plusieurs raisons expliquent l’échec d’Uber au Japon. En voici quelques unes.

Les courses ne sont pas moins chers avec Uber

Uber a réussi à conquérir de nombreux marchés en Europe et en Amérique du Nord grâce à ses tarifs agressifs. Lorsque l’on sait a quel point les courses de taxis sont chers à Tokyo, on peut s’imaginer que la société américaine a tout pour se faire une place sur le marché japonais.

Que nenni ! Les prix sont les mêmes, voire plus chers que les taxis traditionnels pour des prestations comme Uber Black ou Uber Van. La faute à la législation japonaise qui ne permet pas à Uber de tirer les prix à la baisse.

Les services des taxis tokyoïtes sont irréprochables

Au Japon, les chauffeurs de VTC peuvent garder leur bouteille d’eau « gratuite ». Les taxis japonais sont à l’image de l’ensemble des moyens de transport au Japon : ils sont pensés pour le confort des passagers.

Les sièges sont recouverts de dentelle, les portes s’ouvrent automatiquement, on vous propose également de recharger votre téléphone… Sans oublier les chauffeurs de taxi qui sont nettement plus courtois que leurs homologues occidentaux. Bref, le prix des courses est en partie justifier par la qualité de service offerte par les taxis.

Il y a de nombreux taxis à Tokyo

« Les prix sont les mêmes voire plus chers et les services sont de même facture que dans les taxis… D’accord. Mais imaginons que je suis en plein milieu de la nuit et qu’il n’y a aucun taxi en vue. Je suis bien content de pouvoir appeler un VTC à la rescousse, non ? »
Un Uber Addict

Cela pourrait être vrai s’il n’était pas aussi simple de devenir taxi au Japon. En effet, la licence de taxi est gratuite à Tokyo, et le seul prérequis pour l’obtenir est d’avoir un permis valide depuis plus de trois ans. Autant vous dire que l’offre de taxis est pléthorique au Japon ! Il y a plus de 50 000 taxis rien que dans la capitale japonaise. Vous n’aurez donc jamais à attendre longtemps avant de trouver un taxi de libre.

Des alternatives japonaises existent

LINE, l’application de communication japonaise, propose un service similaire à Uber depuis 2015. LINE Taxi vous met en relation avec le taxi le plus proche de vous. Ce service fonctionne uniquement dans les 23 arrondissements spéciaux de Tokyo et les villes de Mitaka et Musashino.

Photo non-contractuelle. Il y a vraiment peu de chance que le chauffeur de votre taxi soit un ursidé. En plus, il paraitrait que les ours ne font pas de câlin.

Photo non-contractuelle. Il y a vraiment peu de chance que le chauffeur de votre taxi soit un ursidé. En plus, il paraitrait qu’au Japon les ours ne sont pas là pour faire des câlins.

LINE a l’avantage d’être utilisé par des millions de Japonais qui s’échangent des centaines de messages par jour. Le service LINE Taxi ne requiert pas l’installation d’une nouvelle application pour pouvoir être utilisé. Tout le processus de commande se déroule dans l’application de messagerie instantanée. Le service est tellement bien huilé qu’Uber peut difficilement lutter face à cela.

Vous l’aurez compris… Uber n’a vraiment aucun intérêt à Tokyo. Rabattez vous plutôt sur les taxis, si vous n’avez pas peur d’exploser votre budget ! A défaut, prenez le métro, comme la plèbe japonaise.

Michaël da Silva Paternoster

Français vivant au Japon depuis 2016. Je travaille en tant que manager et consultant en marketing pour plusieurs entreprises japonaises et étrangères.

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