Megumi Igarashi : condamnée à cause de son vagin

Megumi Igarashi : condamnée à cause de son vagin

Megumi Igarashi : condamnée à cause de son vagin 1140 585 Michaël da Silva Paternoster

Derrière ce titre étrange, voire racoleur, se cache une actualité assez insolite. En effet, Megumi Igarashi, une artiste japonaise de 44 ans, a été reconnue coupable d’obscénité par la justice de son pays pour avoir représenté son appareil génital dans ses œuvres.

Megumi Igarashi est une artiste plasticienne japonaise qui réalise des œuvres plutôt atypiques. Sa spécialité : « l’art vaginal ». Vous avez bien lu, cette femme représente son vagin dans ses œuvres en s’inspirant de la culture « kawaii » (ndlr. « mignon » en Japonais). OK, c’est étrange, mais pourquoi pas.

Sauf que la justice japonaise n’est pas forcément très fan de son art, comme en témoigne le jugement du tribunal de Tokyo à l’encontre de Madame Igarashi qui lui a infligé une amende de 400 000 yens, soit plus de 3000 euros, pour « obscénité ».

Megumi Igarashi, l’artiste traquée par la justice japonaise

Kayak en forme de vagin de Megumi Igarashi

Vous cherchez une idée de weekend en famille ? Et pourquoi pas une petite session de kayak ?

Les déboires judiciaires de l’artiste qui se fait surnommer « Rokudenashiko », entendez par là « la bonne à rien », ont commencé il y a quelques années. En juillet 2014, Megumi Igarashi avait été arrêtée pour avoir lancé une levée de fonds dans le but de financer la construction d’un kayak ayant la forme de son appareil génital.

Cette histoire était allée très loin puisque des milliers d’internautes avaient signés une pétition qui réclamait sa libération. Heureusement, elle avait été libérée après avoir fait appel. Et pour fêter cela, elle avait eu la bonne idée de distribuer le modèle 3D de son kayak afin que tout le monde puisse réaliser son superbe canot vaginal à l’aide d’une imprimante 3D.

Comprendre la démarche artistique de Rokudenashiko

Un message se cache derrière l’ensemble des œuvres de Megumi Igarashi. En effet, l’artiste explique sur son site web, qu’en grandissant elle n’avait jamais eu l’occasion de voir d’autres appareils génitaux féminins, qu’elle ne savait pas à quoi cela devait ressembler, et que cela l’avait beaucoup inquiétée lorsqu’elle était plus jeune, car elle n’avait aucun moyen de savoir si elle était anormal.

Lorsqu’elle commence à réaliser des dioramas de sa vulve, Megumi Igarashi traite le sujet avec légèreté. Ce n’est qu’après avoir reçu de nombreuses critiques qu’elle commence à en faire son obsession artistique, centrant l’ensemble de ses réalisations autour de cette partie de son corps.

l’Art de « la bonne à rien » cache dès lors un véritable message social. Megumi Igarashi souhaiterait que les femmes puissent parler de leurs parties génitales sans honte, et elle pense que cette partie du corps ne devrait pas être traitée différemment qu’un bras ou qu’une jambe. C’est pourquoi ses œuvres sont résolument pop, puisqu’en abordant son sujet sous cet angle elle expose quelque chose de traditionnellement secret comme si c’était un produit de masse à la portée de tous.

Il n’y a donc rien de pornographique ou d’érotique dans la démarche artistique de Rokudenashiko, même si visiblement cela n’est pas le point de vue de tous.

Une sélection de ses meilleurs vagins

Le kayak vaginal n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Voici quelques unes des œuvres de Rokudenashiko qui vous permettront de voir l’étendu de l’imagination de la plasticienne japonaise.

Une mascotte en forme de vagin

Le cosplay de foufoune va faire fureur à la prochaine Japan Expo.

Gundaman

Une figurine Gundam aux attributs féminins.

Coque d'iPhone en forme de vagin de Megumi Igarashi

Le monde attendait des coques d’iPhone en forme de vagin. Les voici.

Cette condamnation est vraiment étrange, puisqu’elle est prononcée dans un pays où l’on n’hésite pas à faire des défilés annuels de chars aux formes phalliques pour célébrer la fertilité. C’est paradoxal, ou sexiste… Quoiqu’il en soit, Megumi Igarashi devrait faire appel de cette décision et, espérons le, prouvera son « innocence ».

Michaël da Silva Paternoster

Français vivant au Japon depuis 2016. Je travaille en tant que manager et consultant en marketing pour plusieurs entreprises japonaises et étrangères.

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