Comment faire un CV en japonais ? Rirekisho ou Shokumukeirekisho ?

La création d'un CV est un moment critique lorsque l'on souhaite trouver son premier emploi au Japon. Les candidats japonais utilisent trois modèles de CV, le rirekisho, le shokumukeirekisho et le CV occidental. Découvrez-les dans cet article.
150 150 Michaël da Silva Paternoster

Vous avez pour projet de partir vivre au Japon mais vous n’avez pas encore trouvé de travail sur place ? Vous êtes au Japon en PVT, avec un visa étudiant ou d’époux et il vous faut absolument des rentrées d’argent pour pouvoir rester ? Votre premier réflex est forcément de trouver un emploi qui vous permettra de vivre confortablement au pays du soleil levant. Mais voilà qu’un premier obstacle se dresse devant vous alors que vous n’avez pas encore commencé à postuler aux offres d’emploi : le CV japonais.

Faut-il que je traduise mon CV en japonais ou pas ? Dans quel format doit-il être ? Faut-il une photo d’identité ? Qu’est-ce qui rendra mon CV irrésistible aux yeux des personnes qui ont publié ces offres d’emploi ?

Si vous vous posez toutes ces questions, vous êtes arrivé sur la bonne page. J’étais moi-même désorienté lorsque je cherchais un emploi au Japon pour la première fois. Cela m’a pris des mois avant de comprendre ce qui n’allait pas dans mes candidatures. Mais, heureusement pour vous, j’ai bien l’intention de vous faire gagner du temps !

Qui suis-je ?

Je suis Michaël da Silva Paternoster, un Français vivant au Japon depuis 2016. Mon intérêt pour la culture japonaise m’a poussé à voyager puis à vivre dans ce pays. Aujourd’hui, je travaille en tant que manager et consultant en marketing numérique pour des entreprises japonaises souhaitant cibler des étrangers, et des projets internationaux voulant s’implanter au Japon.

Faisons connaissance :

Dans cet article, je vais répondre à toutes les interrogations que j’avais lorsque je suis arrivé en PVT au Japon en 2016 et qu’il fallait absolument que je trouve un job pour payer ma chambre en sharehouse à Tokyo et remplir mon frigo.

Il n’y a rien de plus frustrant que d’envoyer des centaines de CV en japonais sans savoir pourquoi on ne reçoit aucune invitation en entretien. On se remet souvent en question, mais on ne sait pas vraiment ce qui cloche dans notre candidature.

Ma stratégie a visiblement fonctionné, puisque je vis encore à Tokyo aujourd’hui. J’espère vraiment qu’avec mes quelques conseils vous serez en mesure de faire un CV qui tapera dans l’oeil des entreprises et des recruteurs au Japon.

Cerise sur le gâteau, j’ai déjà dû recruter pour deux entreprises japonaises pour lesquelles j’ai travaillé. J’ai donc une meilleure idée de ce que les recruteurs japonais attendent d’une candidature pour qu’elle soit sélectionnée.

Sur cette page, je vous présenterai les deux formats de CV les plus courants au Japon : le Rirekisho et le Shokumukeirekisho. Soit le CV japonais traditionnel et sa version modernisée. Je vous donnerai également quelques conseils pour choisir entre ces deux modèles et le CV classique en anglais lorsque vous postulerez pour un emploi au Japon.

De quoi allons nous parler ?

Cet article couvre l’ensemble des questions que vous pouvez vous poser au sujet des CV au Japon. De ce fait, il est plutôt long. Ce menu peut vous aider à naviguer vers la partie qui vous intéresse :

Rirekisho : le CV japonais traditionnel

Le premier type de CV dont nous allons parler est le Rirekisho (経歴書). On considère qu’il est le format le plus traditionnel de CV au Japon, car il est utilisé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Il était surtout employé pour recruter des jeunes diplômés. Car jusque dans les années 90, la norme japonaise était de rester dans la même entreprise tout au long de sa carrière.

Malgré son âge, ce modèle est encore très populaire auprès des grandes entreprises japonaises. Ce type de CV leur permet de recruter massivement des nouveaux diplômés à la fin de leur dernière année scolaire : entre le mois de mars et d’avril. Mais il n’est pas réservé qu’aux nouveaux travailleurs, puisque de nombreux Zaibatsus, les grandes corporations japonaises, attendent des candidats plus expérimentés qu’ils envoient un Rirekisho.

Ce format laisse très peu de place à la créativité. Contrairement aux occidentaux, les Japonais ne créent pas leurs CV de toute pièce à l’aide d’un logiciel de traitement de texte ou de publication, comme Microsoft Word ou Publisher.

En effet, vous n’aurez qu’à acheter un formulaire que vous devrez remplir au stylo noir avec vos informations personnelles et votre parcours. Les modèles vierges de Rirekisho peuvent être achetés au konbini, les supérettes japonaises, pour environ 100 yens.

Autrement, vous pouvez trouver des exemplaires gratuitement dans Town Work. Ce magazine gratuit, que vous pourrez récupérer dans la plupart des stations de métro, liste les offres d’emploi de votre ville. Il s’agit principalement de jobs à mi-temps. Les fameux « Baito », parfaits pour les étudiants étrangers au Japon.

Ce système facilite le travail des recruteurs qui peuvent facilement comparer plusieurs candidatures en même temps, sans avoir à se soucier des designs fantaisistes créés par les candidats. Cela soulage également la personne qui complète son CV en japonais qui n’a alors qu’à se concentrer sur ses informations personnelles sans passer des heures à créer un modèle à partir de rien.

Exemple de Rirekisho

Voici un exemple de CV japonais traditionnel. Le document original est normalement au format A3.

Exemple de RirekishoIl existe en fait plusieurs modèles de Rirekisho ayant chacun de légères différences. Ces variations permettent de mieux s’adapter au profil du candidat (novice ou expert) et au type d’emploi recherché (mi-temps ou temp plein, emploi qualifié ou non). Mais 95% du document reste toujours le même, peu importe le modèle que vous utilisez.

Télécharger un modèle vierge de Rirekisho

Les membres de Nipponrama peuvent télécharger un modèle vierge de CV japonais traditionnel en PDF. Vous pourrez ainsi le compléter sur un ordinateur puis l’imprimer vous-même.

Comment écrire un CV japonais au format Rirekisho ?

Vous avez votre Rirekisho au format papier ou numérique mais vous ne savez pas vraiment comment le remplir ? Dans cette partie, je vous explique comment compléter toutes les sections du Rirekisho sans faire d’erreur fatales pour votre candidature !

Nom (氏名)

Vous le connaissez forcément. Ecrivez le en romaji (lettres latines) si vous n’avez pas un nom qui peut être écrit avec des kanjis (caractères chinois).

Dans le champ « Furigana », écrivez la retranscription phonétique de votre nom en hiragana si l’intitulé est écrit avec ce système d’écriture (ふりがな) ou en katakana s’il est marqué « フリガナ ».

Votre photo d’identité (写真)

Cela peut paraître étrange dans certaines cultures, mais il faut absolument que votre Rirekisho soit muni d’une photo d’identité. Certains recruteurs japonais n’hésitent pas à recaler des candidats sur la base de cette seule photo. Cela peut sembler injuste, mais c’est la triste réalité du marché japonais. Faites donc en sorte d’avoir l’air sérieux et professionnel sur cette image.

Fun fact :

J’ai déjà reçu un CV avec une photo d’une personne se trouvant dans un izakaya. Ne faites pas ça, s’il vous plaît.

Le format de la photo est régi par des règles très précises. Tout d’abord, sa taille doit faire 4 cm sur 3 cm, avec un fond uniforme. Vous pouvez imprimer ce genre de photo dans les photomatons se trouvant dans les gares, konbini ou dans certains centres commerciaux.

La petite astuce qui fait plaisir :

Vous devez fixer votre photo avec de la colle. N’utilisez pas de ruban adhésif. Ecrivez votre nom au dos de votre photo au cas où elle se décolle de votre CV.

Autre point important, votre photo doit ressembler à vous durant l’entretien. C’est-à-dire qu’il faut que vous ayez une tenue professionnelle : un costume noir avec une chemise claire, de préférence blanche ou bleue. Idéalement, les hommes doivent porter une cravate non-fantaisiste. Si vous portez des lunettes quotidiennement, il faut qu’elles soient sur votre photo.

Il est hors de question d’utiliser une vieille photo pour paraître plus jeune ou séduisant. Le recrutement c’est comme Tinder au Japon, vous ferez mauvaise figure durant votre premier rendez-vous si vous mentez sur votre profil.

Souriez, mais ne montrez pas vos dents, c’est mauvais genre. Si vous avez les cheveux longs, rabattez les derrières vos oreilles.

Signature

Certains modèles vous demandent de tamponner votre CV avec votre Inkan (ou Hanko), votre tampon personnel qui fait office de signature au Japon. Si vous n’en avez pas, signez cette partie à la main sans déborder hors de la case.

Date de la candidature (日付) et date de naissance (生年月日)

Avant d’aborder plus en détail ces deux champs, il faut que je vous fasse part d’une bizarrerie japonaise. Les Japonais utilisent deux systèmes de datation : Celui qui est employé dans le monde occidental et qui est issue du christianisme, et un autre système qui purement japonais. Ce deuxième modèle se base sur les règnes des Empereurs du Japon. Le compteur est remis à zéro à chaque fois que l’on change d’Empereur et chacune de ces ères porte un nom spécifique (Heisei, Showa, Taisho…).

Les traditionalistes vous diront qu’il faut absolument utiliser le système de datation japonais sur votre Rirekisho. Dans les faits, rien ne vous empêche d’employer l’autre méthode si vous avez peur de faire des erreurs. Mais il faut absolument que vous utilisiez un seul des deux systèmes tout au long de votre CV, afin de rester cohérent.

En outre, faites également attention à la structure des dates. Peu importe le modèle de datation que vous choisissez, vous devez écrire l’année (年) en premier, puis le mois (月) et enfin le jour du mois (日).

Fun fact :

J’ai déjà reçu le CV d’une personne née le 11 du 28e mois de l’année. Étrange.

En ce qui concerne le champ “Date de candidature”, vous ne devez pas y mettre la date à laquelle vous remplissez votre Rirekisho, mais la date à laquelle vous envoyez le document à l’entreprise. Si vous donnez votre CV japonais en main propre, inscrivez la date à laquelle vous rencontrez un interlocuteur de l’entreprise.

Votre genre

Le Rirekisho est très traditionnel concernant ce point. Vous n’aurez pas accès à des cisgenres, uniquement à Homme et Femme. Entourez le kanji qui correspond le mieux à votre situation.

Homme.

Femme.

Votre adresse (住所)

Ici, vous devez écrire votre adresse japonaise complète en utilisant le moins d’abréviations possibles. Si vous habitez au “Shibuya 1-2-3” vous devrez clairement écrire votre district, pâté de maison et numéro de bâtiment en utilisant les kanjis appropriés :

  • 丁目 : District.
  • 番地 : Pâté de maison.
  • 号 : Numéro de bâtiment.

Le résultat sur votre CV japonais traditionnel sera : “Shibuya 一丁目2番地3号” ou “Shibuya 1丁目2番地3号”.

Dans certains modèles de Rirekisho, vous trouverez une section intitulée “連絡先” (Renrakusaki), elle sert à ajouter une deuxième adresse. Vous pouvez laisser ce champ vide ou y mettre votre adresse e-mail.

Votre numéro de téléphone (電話番号)

Vous avez assez d’espace pour écrire deux numéros de téléphone. Vous pourrez donc écrire votre numéro de téléphoc’ne fixe et celui de votre téléphone portable. Comme en Occident, les jeunes Japonais utilisent de moins en moins les lignes terrestres et préfèrent utiliser leurs smartphones. Il est donc totalement accepté de n’écrire qu’un seul numéro dans cette section du Rirekisho.

N’oubliez pas d’ajouter votre indicatif international au début de votre numéro de téléphone si vous vivez à l’étranger ou que vous n’avez pas encore un numéro de téléphone japonais.

Vos études (学歴) et expériences professionnelles (職歴)

Les sections études et expérience professionnelle se trouve dans la même partie du Rirekisho, c’est à vous de délimiter chacune de ces deux parties avec des titres :

  • “学歴” : Education;
  • “職歴” : Expérience professionnelle.

Contrairement aux CV occidentaux, vous devez écrire vos diplômes et expériences professionnelles dans l’ordre chronologique, c’est-à-dire du plus vieux au plus récent.

La petite astuce qui fait plaisir :

Les Japonais passent rarement un master. Si vous avez un master spécialisé, un bon niveau en japonais et une expérience professionnelle de quelques années, vous êtes une perle rare sur le marché de l’emploi japonais.

En règle général, il est conseillé de ne marquer que vous deux ou trois derniers diplômes post-bac ou spécialisés. Rien ne sert de marquer que vous avez passé le brevet des collèges à Tourcoing.

Si vous avez obtenu un diplôme à l’étranger (entendez par là « hors du Japon »), commencez chaque ligne par le pays, puis l’état ou la province de votre école. Cela aidera les recruteurs à trouver des informations relatives à chaque établissement.

Ajoutez les expériences professionnelles qui vous semblent pertinentes pour le poste auquel vous postulez, ou pour valoriser votre candidature. Certains recruteurs japonais conseillent de ne pas intégrer vos petits boulots à mi-temps (“Baito” en japonais). Personnellement, je pense que chacun de vos emplois dit quelque chose de positif sur vous. Je vous conseillerais donc d’inscrire toutes vos expériences, dont vos stages et alternances, dans votre CV japonais.

Pensez à adjoindre le nombre d’employés à côté du nom de chacune des entreprises pour lesquelles vous avez travaillé. De nombreux managers pensent que les personnes qui ont travaillé pour des grosses entreprises sont plus compétents que les candidats provenants d’une PME. Le Japon n’est pas encore une “Startup Nation”.

La petite astuce qui fait plaisir :

Je pense avoir obtenu mes trois premiers emplois au Japon grâce à mon expérience de trois ans en tant que chef de projet chez Orange, un grand groupe de plusieurs dizaines de milliers de salariés. C’est pourquoi je conseille souvent aux personnes qui souhaitent immigrer au Japon d’acquérir d’abord de l’expérience professionnelle dans leur pays.

Utilisez les noms officiels des entreprises pour lesquelles vous avez travaillé, pas leurs noms commerciaux ou leur marque. La plupart du temps, les noms officiels des entreprises japonaises incluent leur statut (comme Kabushiki Kaisha, abbrévié en K.K., par exemple).

Ecrivez “現在に至る。” (qui peut être traduit en “Jusqu’à présent”) à la fin de cette section si vous travaillez actuellement. Dans tous les cas, écrivez “以上” (traduisible en “C’est tout”) en bas à droite de cette partie du Rirekisho.

Autres diplômes et certificats (免許・資格)

Je vous conseille d’inscrire tous les certificats que vous possédez dans cette section. Qu’ils soient valides au Japon ou non. Si l’un des examens que vous avez passé n’a pas de valeur au Japon, précisez-le en deux mots.

Ces licences peuvent couvrir des domaines professionnels, linguistiques (JLPT, TOEIC, TOEFL…), sportifs… Vous pouvez également ajouter que vous avez le permis de conduire japonais (ou une traduction) dans cette partie.

Si vous souhaitez absolument compléter cette partie du Rirekisho dans les règles de l’art, vous devrez écrire le nom des certificats comme suit : “Nom du certificat 免許 取得” ou “Nom de l’examen 免許 取得”.

Vous pouvez énoncer vos certificats dans l’ordre que vous souhaitez.

Vos motivations (志望動機)

Cette partie du Rirekisho est vraiment très importante. Elle a une fonction équivalente à la lettre de motivation. Vous devrez donc répondre succinctement aux questions suivantes : “Pourquoi vous voulez travailler à ce poste et dans cette entreprise ?” et “Qu’est-ce qui fait de vous le parfait candidat pour ce poste ?”. Expliquez également ce qui vous attire dans ce poste.

Comme pour les lettres de motivations, essayez de personnaliser votre réponse autant que possible. Ne faites pas un simple copier-coller d’un même texte générique sur chacune de vos candidatures, les recruteurs le comprendront bien assez vite.

Faites en sorte de lier vos points forts, votre expérience et vos passe-temps  à la description du poste. Ne marquez pas que vous voulez rejoindre l’entreprise pour acquérir plus d’expérience, les recruteurs pourraient croire que vous voulez utiliser la compagnie comme un tremplin. C’est plutôt mal vu par les grandes entreprises japonaises qui souhaitent conserver leurs salariés le plus longtemps possible.

Vos points forts

Cette partie vous permet de sortir du lot. Vous devez convaincre le recruteur que vous êtes un candidat parfait pour le poste en restant concis. Vos phrases doivent être complètes et écrites dans un japonais soutenu (Keigo), sauf si vous n’avez pas les capacités linguistiques pour le faire. Il est hors de question d’utiliser seulement des listes à puce.

La petite astuce qui fait plaisir :

Cette section est l’occasion parfaite d’énoncer les outils que vous maitrisez et de mettre en avant vos performances précédentes avec des données chiffrées.

Temps de trajet (通勤時間)

Dans cette partie, vous devez indiquer la durée de votre trajet entre chez vous et le bureau en prenant le chemin le plus court. Assurez-vous d’avoir la bonne adresse du lieu de travail du poste auquel vous postulez.

Pour réaliser cette estimation, vous pouvez utiliser Google Maps ou une application japonaise indiquant les horaires de train.

Les employeurs japonais sont intéressés par cette information, car la plupart d’entre eux paient intégralement les frais de transport de leurs employés. C’est un investissement non négligeable, car les transports en commun sont plutôt onéreux au Japon.

Demandes spécifiques et notes (本人希望記入欄)

Vous pouvez formuler des demandes spécifiques ou ajouter des informations à votre sujet qui ne sont pas présentes dans le reste de votre CV ici. Certains candidats profitent de cet espace pour indiquer leurs disponibilités pour réaliser un entretien.

Si vous avez des questions concernant le travail, il est préférable de les adresser durant votre premier entretien d’embauche. Vous pouvez laisser cette section de votre Rirekisho vide ou écrire que vous suivrez les conditions fixées par l’entreprise avec cette phrase « 貴社規定に従います ».

Détails complémentaires

Certains modèles de Rirekisho rentrent vraiment dans les mondres détails de la vie privée des candidats. Parfois vous devez indiquer si vous avez un époux (配偶者), une personne que vous devez aider financièrement (配偶者の扶養義務) ou le nombre de personnes à charge dans votre ménage (扶養家族数).

Shokumukeirekisho : le CV japonais moderne

Le Shokumukeirekisho (職務経歴書) est une version plus moderne du CV japonais, elle s’inspire directement des CV occidentaux. Le principal avantage de ce modèle par rapport au Rirekisho est qu’il permet de mettre plus facilement en avant les tâches et responsabilités effectuées dans chacun des emplois que le candidat a réalisé par le passé.

Ce modèle est souvent attendu par les entreprises étrangères et les agences de recrutement, qui sont rarement friandes du peu d’informations présentes sur les CV japonais traditionnel. En outre, certaines entreprises japonaises le demande à la place ou en complément du Rirekisho.

Le Shokumukeirekisho est parfait si vous avez déjà de l’expérience dans le domaine d’activité dans lequel vous postulez. Il vous permettra de lister l’ensemble de vos compétences et outils que vous maîtrisez. A contrario, les personnes fraîchement diplômées auront moins d’intérêt à l’utiliser.

Format du CV japonais moderne

Beaucoup vous diront que le CV japonais moderne est simplement une traduction de votre CV. Même s’il existe beaucoup plus de similarités entre le Shokumukeirekisho et le CV occidentale qu’avec le Rirekisho, affirmer qu’il s’agit d’un simple portage en japonais est faux. Le Shokumukeirekisho est le plus souvent divisé en quatre parties :

  • Résumé (職務要約) : Faites un paragraphe dans lequel vous expliquez qui vous êtes et quel est votre expérience professionnel. Généralement, les candidats y indiquent le nombre d’années d’expérience qu’ils ont par secteur d’activité et leurs réalisations les plus importantes.
  • Carrière (職務経歴) : Cette partie est divisées en deux sections. Dans la première moitié, vous devez vous focaliser sur l’essentiel. Vous pouvez utiliser une liste à puces pour être le plus concis possible. La deuxième moitié est beaucoup plus détaillée. J’en parlerai plus juste après.
  • Expérience, connaissances et technologies (活かせる経験・知識・技術) : Ici, vous devez lister vos compétences (votre savoir-faire et savoir-être). Une liste à puces fera l’affaire.
  • Diplômes (資格) : Vous pouvez ajouter vos certifications dans cette partie.
La petite astuce qui fait plaisir :

Contrairement au Rirekisho, vous n’êtes pas obligé de mettre un photo sur votre Shokumukeirekisho. Cependant, si vous décidez d’ajouter votre portrait à votre CV, veuillez utiliser les conseils que je vous ai donné à ce sujet dans la section où je traite du CV japonais traditionnel.

Dans la seconde partie (職務経歴) de votre CV japonais moderne, vous devez détailler chacune de vos expériences professionnelles avec les informations suivantes :

  • La durée pendant laquelle vous étiez impliqué dans le projet (期間).
  • Produit ou service sur lequel vous avez travaillé (物件・担当製品).
  • Le titre de votre projet (業務タイトル).
  • Ce que vous faisiez sur ce projet et d’autres détails chiffrés qui pourraient vous mettre en valeur (規模・担当業務).
  • La taille de l’équipe dans laquelle vous avez évolué et votre rôle au sein de celle-ci (メンバー/役割).

Cette section de votre CV peut faire plusieurs pages. Vous devez détailler le plus possible vos précédents projets et votre contribution sur ceux-ci.

Télécharger un modèle de Shokumukeirekisho

Je vous invite à compléter ce modèle vierge de Shokumukeirekisho. Le fait d’utiliser ce fichier Word vous fera gagner quelques dizaines de minutes, puisque vous n’aurez pas à créer la structure de votre fichier.

Quand choisir entre le Rirekisho, le Shokumukeirekisho (en japonais) et un CV en anglais ?

J’ai créé ce diagramme pour vous aider à choisir en un clin d’oeil entre les différents modèles de CV japonais que nous avons abordé et une simple version en anglais de votre cursus.

Dois-je envoyer un Rirekisho ou un CV japonais moderne ?

Il est vraiment difficile de donner une réponse claire et précise sur cette question. Il y a trois facteurs qui peuvent influencer cette réponse : l’entreprise pour laquelle vous postulez, son secteur d’activité et votre expérience.

Comme je l’ai dit plus tôt, les entreprises étrangères installées au Japon auront tendance à préférer un shokumukeirekisho tandis que les grandes corporations japonaises attendent un Rirekisho dans chaque candidature.

Si vous postulez pour une startup ou une petite entreprise, vous serez susceptible d’occuper un poste polyvalent. Dans ce cas, privilégiez un Shokumukeirekisho dans lequel vous pourrez montrer toute l’étendue de vos capacités.

Le CV japonais moderne a beaucoup d’intérêt dans les domaines techniques. Si vous postulez pour devenir développeur, ingénieur ou faire du marketing de pointe, il sera préférable de joindre un Shokumukeirekisho à votre candidature, même si un Rirekisho y est déjà présent.

Par contre, si vous avez très peu d’expérience sur le terrain, un Rirekisho peut faire l’affaire. Les nouveaux diplômés n’auront pas grand chose à gagner à réaliser un CV japonais moderne, sauf s’ils ont déjà acquis beaucoup d’expérience grâce à des stages, des alternances ou des projets personnels.

Dois-je écrire mon CV en japonais ou en anglais ?

En ce qui concerne la langue dans laquelle vous devez écrire votre CV, il me semble logique que vous envoyiez un CV en japonais aux offres d’emploi écrites dans cette langue. Par contre, si vous postulez à une annonce en anglais, ne perdez pas votre temps à traduire votre CV en japonais. Sauf si le contraire est indiqué quelque part dans l’offre, les recruteurs souhaitent le plus souvent recevoir des candidatures dans la même langue que celle qu’ils ont utilisé pour décrire le poste.

J’ai déjà eu l’occasion de recruter des étrangers pour les entreprises japonaises pour lesquels j’ai travaillé. Le plus souvent ces compagnies écrivaient leurs offres d’emploi en anglais, car le niveau de japonais des candidats importait peu. Mais malgré cela nous recevions à chaque fois des Rirekisho écrits par des immigrés incapables de parler japonais correctement. A chaque fois, le CV japonais traditionnel les a plus pénalisés qu’autre chose.

Quelques conseils supplémentaires

Compléter son Rirekisho à l’encre noir

Les employeurs les attachés aux traditions (on pourrait aussi les appeler les “connards aigris”) préfèrent les CV écrits à la main. Si vous n’avez peur de rien et que vous avez beaucoup de temps à perdre, vous pouvez compléter tous vos Rirekishos avec un stylo à bille noir. L’ancre bleue est également acceptée, mais n’utilisez en aucun cas du rouge, du vert ou d’autres couleurs fantaisistes.

Aussi, ne vous servez pas de différents stylos pour remplir un même CV.

Pourquoi les Japonais écrivent leurs CV à la main ? Parce que cela montre qu’ils sont impliqués dans leur candidature. Les recruteurs prennent donc plus au sérieux les gens qui font l’effort d’inscrire à la main leur parcours et leurs informations personnelles.

Quand écrire une lettre de motivation ?

Il n’est pas nécessaire d’écrire une lettre de motivation si vous utilisez le format Rirekisho. En effet, le modèle de CV japonais traditionnel vous laisse assez d’espace pour expliquer pourquoi vous êtes le candidat parfait pour ce poste. Si vous avez vraiment peur de passer à côté d’un job en or, prennez le temps de réécrire une lettre de motivation au format japonais.

Autrement, n’hésitez pas à compléter votre dossier de candidature avec une lettre de motivation écrite dans la même langue que celle utilisée dans votre CV. N’oubliez pas que la structure des courriers en japonais est très différente des standards employés dans le reste du monde.

Rien ne sert de tricher sur ses compétences linguistiques

Si votre niveau en langue japonaise n’est pas suffisant pour lire une description de poste, je vous conseille de ne pas y postuler. En effet, il ne sert à rien d’utiliser un logiciel de traduction pour déchiffrer ce qui est dit dans l’annonce, puis de faire traduire votre CV par quelqu’un d’autre ou une machine.

Vous ne serez pas engagé si vous n’êtes pas capable de comprendre une offre d’emploi. Ne perdez pas votre temps à préparer un CV et à l’envoyer. Car même si votre candidature est retenue dans un premier temps, il vous faudra forcément passer un entretien pour pouvoir décrocher le job. Vous n’aurez de toute façon aucune chance d’impressionner les recruteurs si vous n’avez pas le niveau linguistique requis pour bien faire le travail.

Continuez plutôt à chercher un emploi qui correspond à vos qualifications. Je sais qu’il est souvent difficile de trouver un travail au Japon qui ne nécessite pas un bon niveau en japonais, mais ce n’est pas quelque chose d’impossible ! J’en suis le parfait exemple. Vous aurez surtout besoin de beaucoup de patience.

Soyez honnête sur votre situation

Ne mentez pas sur votre adresse ou votre visa. Ne dites pas que vous vivez au Japon, si vous avec un simple visa de touriste ou que vous êtes actuellement dans un autre pays. Ne dites pas que vous pouvez travailler si votre visa au Japon ne vous le permet pas. Aussi, ne mentez sur la date d’expiration de votre visa.

Vos mensonges seront découverts tôt ou tard lors du processus de recrutement. Et vous risqueriez de perdre la confiance des recruteurs en quelques secondes seulement.

Comment poster un CV japonais ?

Ne pliez pas votre CV dans une enveloppe. Utilisez un taille A4 ou B5 (un format japonais de documents). Comme pour le Rirekisho, vous pouvez acheter ces enveloppes dans un Konbini. Certains paquets de modèles vierges de CV japonais traditionnels contiennent déjà des enveloppes au bon format.

Que faire si vous avez fait une erreur quelque part ?

Ne faites pas de rature sur votre CV, lettre de motivation ou enveloppe. Je suis triste de vous le dire, mais si vous avez fait une erreur il est préférable de recommencer votre document de zéro. C’est pourquoi vous devez écrire votre candidature dans un endroit calme ou vous êtes sûr de ne pas être dérangé. N’hésitez pas à éteindre votre téléphone portable pour garder un maximum de concentration.

Michaël da Silva Paternoster

Français vivant au Japon depuis 2016. Je travaille en tant que manager et consultant en marketing pour plusieurs entreprises japonaises et étrangères.

All stories by : Michaël da Silva Paternoster