Coup d’oeil sur la photographie au Japon

Coup d’oeil sur la photographie au Japon

Coup d’oeil sur la photographie au Japon 2000 1328 Bastien

Nous ne parlerons pas ici des touristes asiatiques photographiants à tort à et travers les monuments, boutiques et arrêts de bus en tous genres à Paris. D’autant plus qu’une bonne partie d’entre eux ne sont même pas japonais. J’aborderai les liens étroits et divers qu’entretiennent les japonais avec la photographie. Préparez vos appareils photos et… clic-clac, merci Kodak. Enfin, Fujifilm plutôt.

La genèse

Alors que la photographie est née avec le « Point de vue du Gras » de Nicéphore Niépce en 1826 (ok, il y a des doutes, mais on va éviter d’en débattre ici), le procédé photographique s’est relativement vite répandu au Japon au cours de la seconde moitié du XIXeme siècle. Merci au divers « traités d’amitié et de commerce » conclus au début de cette période.

Deux branches de la photographie se distinguent alors au Japon :

  • les photos de paysages et scènes de vie japonaise, souvenirs de vacances -au Club Med- rapportés par les étrangers;
  • les portraits, souvent réalisés en studio, pour des bourgeois. Vous en trouverez d’ailleurs des dizaines sur l’Internet, colorisés (à la main par des peintres) ou non, mais pour la plupart absolument magnifiques.
samurai colorisé

Cet homme avait bien besoin d’un peu de couleurs dans sa vie. Image : Hulton Archive/Getty Images

La douceur des tonalités et les compositions simples mais très efficaces ne sont pas sans rappeler les estampes, qui ont déjà profondément marqué la culture de l’image au Japon à cette époque.

A partir de 1880, la photographie amateur se développe parallèlement, aidée par l’apparition de nouveau procédés plus accessibles techniquement et financièrement. Entre pictorialisme et nouvelle photographie, l’art photographique pourra dès lors se développer, mais l’histoire ne lui sera pas propice.

En effet, les diverses guerres que le Japon a connu lors de la première moitié du XXeme siècle vont transformer le visage de la photographie japonaise.

Du photo-journalisme au renouveau artistique

Au sortir du conflit traumatisant qu’a été la seconde guerre mondiale, le photo-journalisme est mis en avant au détriment des courants artistiques. Cela s’explique notamment par le fait que le photojournalisme a soutenu le pouvoir en place pendant la guerre.

En découle un nombre important de reportages véritablement saisissants, dans un pays traumatisé par l’arme atomique. On peut citer le travail de Shomei Tomatsu sur la ville dévastée de Nagasaki, mais il est loin d’être le seul a avoir su saisir le Japon d’après guerre d’une façon poignante.

Photo de rue à Tokyo

Instantané d’un quotidien à Tokyo

Après cette période, une nouvelle génération d’artistes photographes japonais va émerger, jusqu’à occuper une place de choix sur la scène internationale. La photographie en tant qu’art principal au Japon devient alors prédominante.

L’esthétique privilégiée par cette nouvelle génération est variable, du noir et blanc contrasté rappelant les reportages du passé, aux clichés présentant des couleurs douces et apportant des émotions bien plus paisibles.

La puissance de l’industrie photographique nippone

Culturellement, les japonais sont aussi très proches de la photographie car les constructeurs nippons sont depuis longtemps leaders sur le marché. Ils n’ont certes pas l’aura des marques Suédoises ou germaniques, mais monopolisent l’extrême majorité des marchés amateurs et professionnels.

Il n’est certainement pas indispensable de vous présenter des marques comme Canon ou Nikon, vous les connaissez déjà.

En outre, les marques spécialisées dans l’électronique, comme Sony, apportent continuellement des innovations technologiques sur le marché de la photographie.

Pentax kx Rainbow

Où peut on vendre ça ? Mais au Japon bien sûr !

Certaines marques proposent même des produits spécialement calibrés pour le marché japonais. Une série de réflexs extrêmement colorés a par exemple été lancée il y a quelques années par Pentax.

Les appareils photo japonais dans la culture populaire

Les appareils photos japonais ne sont pas uniquement présents dans les magasins spécialisés, ils ont clairement inondé la culture populaire.

Les fans de cinéma auront eu la chance de croiser ces appareils dans de nombreux films. On peut notamment citer les Nikon F (qui ont gagné leurs lettres de noblesse grâce à leur fiabilité lors de la guerre du Vietnam) dans Full Metal Jacket. C’est un monument du cinéma, mais c’est loin d’être le seul film dans lequel des appareils nippons apparaissent.

Full Metal Jacket Nikon

« Deux grenades et un Nikon, BOUM ! » Image tirée de Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.

Tout cela a contribué à ancrer les divers appareils photos japonais dans l’imaginaire collectif (les pros, eux, étaient déjà pour la plupart convaincus), et à placer les marques nippones au premier plan pour le grand public.

Cependant, la photographie évolue très vite dans la société et le lien entre les adolescents japonais et cette dernière est désormais beaucoup plus axé vers le « fun ».

Si vous avez la chance de pouvoir vous balader dans un quartier animé d’une ville japonaise prochainement, ne manquez pas les Purikura souvent présents dans les salles d’arcades. Ces photomatons super évolués feront de vous… Je ne sais pas comment décrire ça, le mieux pour vous est sûrement de jeter un œil sur la photo suivante, puisque nous avons tenté l’expérience.

Purikura Nipponrama Love

<3 Purikura <3

Enfin, pour ceux qui ont remarqué en photo de couverture cette beauté fatale qu’est mon nouveau compagnon, je viens de l’acquérir dans un petit « shop » de Shinjuku, véritable paradis de l’occasion argentique.

J’ai trouvé ce magasin grâce à ce lien super pratique, n’hésitez pas à visiter ce quartier si vous avez besoin d’un appareil old school, vous y trouverez sûrement votre bonheur.

Bastien

Aime le vert, les transports en communs, la bière ambrée. N'aime pas la betterave, la pluie, les objets oranges.

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