Comiket : la convention Cosplay et Dojin de Tokyo

Comiket : la convention Cosplay et Dojin de Tokyo

Comiket : la convention Cosplay et Dojin de Tokyo 1140 585 Michaël da Silva Paternoster

Le Comiket est la plus grosse convention consacrée au dōjin et au cosplay à Tokyo. Elle se tient deux fois par an au Tokyo Big Sight, à Odaiba, et réuni des centaines de milliers de fans de la culture manga.

Les deux éditions de la Comiket se tiennent respectivement l’Été, au milieu du mois d’Août, et l’Hiver, à la fin du mois de Décembre.

La messe du Cosplay et du Dōjin

Les principaux exposants de cette convention sont surtout des amateurs qui cherchent à se faire reconnaitre dans la culture manga. La plupart d’entre eux appartiennent à deux catégories d’artistes : les cosplayers et les dōjinshika. Cosplayers ? Dōjinshika ? Ces termes sont certainement connus de tous les fans de manga qui se respectent, et c’est sûrement pour cette raison que le Comiket est la convention à laquelle ils veulent tous participer.

Cependant, je peux concevoir que le commun des mortels soit totalement dubitatif devant ces deux termes. Avant d’aller plus loin, je vais donc essayer de vous expliquer brièvement ces deux concepts chers à la culture manga.

Le Cosplay

Les « Cosplayers » pratiquent le « Cosplay ». Ce dernier terme est la contraction des mots anglais « Costume » et « Play », et il constitue l’art de jouer le rôle d’un personnage en imitant son costume. Les personnages les plus représentés sont souvent tirés de bandes dessinées, de jeux vidéos ou de films.

Ce qu'il faut savoir c'est qu'une cinquantaine d'hommes en manque de sexe ont pris la même photo au même moment.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’une cinquantaine d’hommes en manque de sexe ont pris la même photo au même moment. Cependant, je pense que leur cadrage n’était pas tout à fait le même.

Les meilleurs cosplayers obtiennent souvent leurs lettres de noblesse en confectionnant eux même tout ou partie de leurs costumes et en ayant un bon jeu d’acteur. Bon, il est vrai que certaines « Cosplayeuses » jouent un peu de leurs attribuent féminins, et n’hésitent pas à se faire confectionner une généreuse paire de seins à l’aide d’un bistouri. C’est toujours plus vendeur auprès de la gente masculine.

Je vous disais quoi déjà ?

Je vous disais quoi déjà ?

Ce qui est assez intéressant à la Comiket c’est que contrairement aux conventions occidentales les cosplayers japonais s’organisent en troupes et viennent au Tokyo Big Sight en reprenant plusieurs personnages d’un même univers. Il n’est donc pas rare de voir des gens déguisés en personnages secondaires juste pour mettre en valeur un cosplayer interprétant un personnage principal.

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La belle brochette.

A la Japan Expo, pour ne citer que cet événement, peu de cosplayers s’organisent en troupes, et beaucoup se concentrent sur les personnages les plus populaires, en délaissant les personnages de seconde zone. Nous n’avons décidément pas la même culture.

Le Dōjin ou Dōjinshi

Le « Dōjinshika » est un artiste qui fait du « Dōjin », parfois appelé « Dōjinshi ». Les dojinshi sont souvent des revues édités par des amateurs qui désirent présenter leurs travaux dans des domaines variés. Le dōjin prend donc des formes diverses : dessins, littérature, musique, produits dérivés… Ils sont souvent produits en petite quantité et vendus lors de conventions comme le Comiket.

On pourrait apparenter le dōjin à la culture fanzine, car la plupart de ces travaux reprennent des univers existants, en les parodiant ou en les détournant… Pour parfois en faire des œuvres érotiques, voire pédopornographiques. Au Japon ça passe a priori…

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« Amenez tous ces manga avec des petits zanfant qui font du zexe à Bebelplatz. Et emmenez leurs zauteurs dans le train express direction Oranienburg. » Le chevalier blanc du troisième Reich. Lui aussi il passe au Japon…

D’ailleurs, certaines œuvres exposées au Comiket peuvent vraiment choquer les plus jeunes. C’est pour cette raison que je ne conseillerais pas forcément cet événement aux enfants.

En outre, il faut aussi noter que de nombreuses œuvres présentent au Comiket ne sont jamais rééditées. Certaines peuvent très vite prendre de la valeur.

Une passerelle entre le monde professionnel et l’amateurisme

Chaque année, les exposants doivent se battre pour obtenir leur place au Comiket. Les organisateurs sont obligés de refuser plus d’une demande sur deux.

En même temps, de nombreux dōjinshika espèrent sortir de l’anonymat en présentant leurs œuvres durant les conventions du Comic Market, car les gros poissons de l’industrie du manga y sont aussi présents. Plusieurs mangakas sont passés par cette case avant de devenir célèbres. Comme les CLAMP par exemple, qui sont les auteures de Card Captor Sakura, xxxHolic et Tsubasa.

La situation inverse existe aussi. Plusieurs mangaka célèbres viennent vendre des œuvres dōjin au Comiket. Souvent parce qu’ils reviennent à leurs premières amours, mais aussi parce que le dōjin est financièrement intéressant pour eux. Ceci s’explique par le fait qu’ils se dédouanent de leurs maisons d’éditions et, en plus d’avoir une plus grande liberté, touchent des parts plus importantes sur les dōjins vendus.

Koshi Rikudo, l’auteur d’Excel Saga, ou Ken Akamatsu, le mangaka derrière Love Hina et Negima continuent encore aujourd’hui à vendre des dōjins au Comiket.

Ce que nous avons pensé du Comiket

Le Comiket est un événement de très grande envergure, qui a un avantage indéniable : il est gratuit pour les visiteurs. Cette convention ravira tous les fans de mangas, qui y retrouveront des univers qui leurs sont familiers. Il faudra juste ne pas oublier de venir avec quelques milliers de yens dans les poches, au cas où vous craqueriez pour une ou plusieurs œuvres dōjin.

Comiket au Tokyo Big Sight

Le Tokyo Big Sight accueille l’événement deux fois par an

Sinon, vous pouvez y faire un tour si vous n’êtes pas un amateur de manga ou de jeux vidéos. La visite en sera juste un peu plus courte et moins coûteuse. L’événement se déroulant au Tokyo Big Sight, à Odaiba, rien ne vous empêche de faire un tour sur l’île artificielle après votre petite excursion dans la culture manga.

Comment se rendre au Comiket ?


Comme je vous l’ai répété plusieurs fois dans cet article, les conventions Comiket se déroulent au Tokyo Big Sight. C’est un immense complexe sur l’île artificielle d’Odaiba dans lequel ont lieu des événements en tout genre.

Les moyens les plus simples pour se rendre au Tokyo Big Sight sont soit de descendre à la station Kokusai-Tenjijo-Seimon (oui, c’est le nom d’une vraie gare…) sur la ligne Yurikamome, qui passe par Shimbashi. Soit de descendre à la station Kokusai-Tenjijo sur la ligne Rinkai, qui passe aussi par Shinjuku et Shibuya.

Veuillez noter que l’événement dure trois jours, mais que les journées sont plutôt courtes. En effet, le Comiket ouvre ses portes le matin à 10 heures, et se termine en fin d’après midi à 16 heures. Ne venez pas trop tard !


Les photos de cet article ont été prises par nos chers Bastien et Juan Pablo.

Michaël da Silva Paternoster

Français vivant au Japon depuis 2016. Je travaille en tant que manager et consultant en marketing pour plusieurs entreprises japonaises et étrangères.

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