Airbnb au Japon : un service illégal et dangereux ?

Airbnb au Japon : un service illégal et dangereux ?

1140 584 Michaël

Airbnb est un service web qui permet à des professionnels comme à des particuliers de louer des logements pour des séjours de courte durée. Le service est accessible au Japon, mais comme dans de nombreux autres pays, ses utilisateurs ne savent pas toujours s’ils sont dans la légalité ou pas.

J’écris cet article à un moment où la petite communauté française des fans du Japon parle beaucoup des dérives d’Airbnb. Ces petits remous sur les réseaux sociaux sont le résultat d’une mauvaise expérience personnelle partagée par un Français au Japon qui a crée un hashtag pour recueillir des témoignages sur Facebook.

Une poignée d’anciens utilisateurs ont partagé leurs mauvaises expériences, mais malheureusement personne n’a abordé le fond du sujet : Est-ce qu’on a le droit d’utiliser Airbnb au Japon ? Je vais donc répondre à cet question dans cet article.

Louer son logement sur Airbnb au Japon : une pratique illégale ?

Avant de parler de Airbnb, il faut savoir que le Japon n’est pas le pays le plus accueillant en ce qui concerne “l’économie du partage” sur Internet. Ou du moins, quand il s’agit de startups américaines qui valent des millions en prenant des commissions de plus en plus importantes.

Uber et Airbnb sont dans le même sac

Je vous avais déjà parlé du cas d’Uber au Japon dans un précédent article. Si vous ne l’avez pas lu, j’y disais que le géant américain des VTC ne peut pas fixer ses prix librement et que l’application est donc inutile, puisque trop chère, à Tokyo et dans les quelques autres villes japonaises où le service est disponible.

Airbnb a dû batailler avec les autorités japonaises depuis quelques années. Il faut savoir que jusqu’en Juin 2017, sous-louer un appartement ou une chambre sur Airbnb était illégal dans la majorité des cas. Mais comme dans beaucoup d’autres endroits dans le monde, la plateforme de location de logement jouait tout de même sur de légers flous juridiques pour continuer à exercer son activité.

Une régulation progressive

Mais c’est fini, car le gouvernement du Japon a enfin régulé ce nouveau marché. Notamment pour faire face à la pénurie de logements disponibles pour les touristes, qui sont de plus en plus nombreux à visiter le Japon.

La loi qui est maintenant en vigueur prévoit un maximum de 180 jours de location par an et par habitant. Ce qui reste énorme comparativement aux 60 jours à Londres et 30 jours à Amsterdam. Ce chiffre est cependant à relativiser, puisqu’il peut être réduit par les autorités locales. En effet, il faut tout de même que l’individu qui souhaite louer son logement sur Airbnb déclare son activité à sa mairie. Ces autorités locales ont d’ailleurs le droit de refuser toutes ces déclarations, pour protéger le secteur hôtelier par exemple.

Avant l’abrogation de cette loi, un statut spécifique avait été créé, celui de “Minpaku”. Il permettait à des particuliers respectant les normes hôtelières d’exercer une activité dans ce secteur. Sauf que comme le rapporte le Japan Times, seulement 17% des 15 000 logements enregistrés sur des sites de partage avaient obtenu une autorisation de l’Etat. Il était donc grand temps de changer cette loi.

Cette ancienne situation n’avait rien d’étonnant quand on voit à quel point il est facile de créer un compte sur Airbnb. Il faut savoir que le site web américain ne demande aucune preuve d’éligibilité à l’inscription d’un logement. De plus, les autorités de la plupart des pays sont plutôt laxistes sur ce sujet. Comme pour le Japon, la plupart d’entre elles essaient d’abord de légiférer avant de pénaliser les hôtes et les pensionnaires.

Airbnb peut vous causer des problèmes

Airbnb a de nombreux avantages. Il permet parfois de vivre chez l’habitant, ce qui est vraiment sympa. Les prix sont souvent plus abordables que ceux des hôtels traditionnels…

Malheureusement, soyez sûr que s’il vous arrive un problème durant votre séjour ou pendant que vous louez votre logement sur Airbnb, il vous sera quasiment impossible de le résoudre en passant par les services publics ou votre assurance. Le support client d’Airbnb peut également se dédouaner de toute responsabilité dans le cas d’un non-respect de la loi par l’un de ses utilisateurs. C’est exactement ce qui est arrivé au Français qui a crée le hashtag #airbnbgate sur Facebook.

Cette mauvaise expérience m’a rappelé une vidéo virale qui avait été partagé par un confrère blogueur Français, il y a 6 mois. Elle résume bien les risques que vous encourrez lorsque vous utilisez Airbnb pour vous loger ou vous faire de l’argent.

Je vous invite également à lire la publication originale de mon confrère, qui y explique également pourquoi il n’utilise plus du tout Airbnb (MAJ: Publication supprimée par son auteur après la parution de cet article. Nous avons eu une petite conversation où il m’a menacé de poursuite en justice sur cinq chefs d’accusation différents. Bienvenue dans le monde du blogging Japon.). Le débat dans les commentaires y est très intéressant, puisqu’il a fait face à pas mal d’incompréhensions de la part de ses lecteurs.

Les alternatives à Airbnb

Je ne vous cache pas que j’utilise parfois Airbnb pour me loger, mais jamais sans précaution. Comme je le disais plus haut, certains logements sont gérés par des professionnels ou des personnes autorisées. Il est juste compliqué de différencier ceux qui exerce une activité légale des autres. Il est donc souvent plus sage de passer par d’autres plateformes de réservation.

Les sites de réservation d’hôtel pour les séjours de courte durée

Rien n’est plus sûr qu’un bon vieil hôtel. Les professionnels de l’hôtellerie respectent l’ensemble des normes de sécurité définies par l’Etat. Ce qui est rassurant lorsqu’on sait que le Japon est souvent victime de tremblements de terre ou de raz-de-marée.

Pour ma part j’utilise Booking.com, car ce site offre une large sélection d’hôtels tenus par des professionnels. Vous avez donc beaucoup moins de chance de vous retrouver dans des logements illégaux. De plus, il est souvent possible de réserver en ligne puis de payer sur place, ce qui peut vous arranger dans certains cas.

Les shares houses pour les séjours d’un mois et plus

Les share houses sont des colocations à la Japonaise. Leurs tailles et leurs formes varient grandement, mais elles sont toujours plus abordables que les hôtels et accessibles que les locations traditionnelles pour les touristes.

Mes recommandations de share houses à Tokyo

N’hésitez pas à donner votre avis ou à poser vos questions sur ce sujet dans les commentaires. N’oubliez pas de partager l’article sur les réseaux sociaux si vous l’avez trouvé instructif.

Michaël

Adepte des jeux vidéo depuis l'âge de deux ans. J'ai développé une addiction pour le Japon après mon premier voyage au pays du soleil levant, en 2013. Dans la vraie vie, je conjugue "mourir" et "courir" au futur comme des verbes du deuxième groupe.

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  • Je vis sur place et j’utilise parfois AirBnb – pratique d’avoir un logement avec cuisine quand on voyage avec un jeune enfant ! Mais je ne me suis jamais posé la question de la légalité ou non du système. Tant que je peux joindre la personne par téléphone, je considère que c’est suffisamment fiable…
    Côté tarifs, sur certaines destinations, c’est le jour et la nuit (Kyoto…) ; j’ai aussi utilisé l’appli à Hokkaido, dans des zones assez rurales.
    Le gros avantage de l’hôtellerie japonaise, c’est effectivement de payer sur place. Et tant que mon fils était bébé, c’était très pratique que tout le monde dorme par terre !

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